D'où vient le divan ?

On le doit à Freud. À la fin du XIXe siècle, il reçoit ses patients allongés, dans la continuité des pratiques médicales de l'époque. Il le gardera pour une raison très personnelle, qu'il reconnaît lui-même : il ne supportait pas d'être regardé toute la journée. Il ne voulait pas non plus que les expressions de son visage influencent ce que disait la personne en face de lui.

L'habitude s'est installée, puis est devenue l'image même de la psychanalyse. Mais à l'origine, c'est un choix pratique, pas un symbole.

À quoi sert-il vraiment ?

La psychanalyse repose sur une consigne simple et difficile : dire ce qui vient, sans trier. C'est ce qu'on appelle l'association libre. Or il est très difficile de parler sans trier quand on regarde quelqu'un : on guette un sourcil, on ajuste ce qu'on dit, on cherche à être compris ou approuvé.

Allongé, sans visage à surveiller, l'attention peut se déplacer. On entend davantage ce qu'on dit, les hésitations, les mots qui reviennent. Le divan ne produit rien tout seul : il retire un obstacle, celui du regard.

Est-il obligatoire ?

Non. Beaucoup de personnes font un travail analytique en face à face, dans un fauteuil, et certaines approches l'ont toujours proposé ainsi. Le divan reste surtout associé aux cures classiques, avec plusieurs séances par semaine. Qu'on y tienne ou non, ce n'est pas une règle de droit : c'est une question de cadre, qui se discute avec la personne qui vous reçoit.

Et quand les séances se font par téléphone ?

Par téléphone, le regard disparaît des deux côtés. Ce que le divan cherche à obtenir, parler sans avoir à lire un visage, est donc présent d'emblée. Chacun reste libre de sa position : certains s'allongent chez eux, d'autres préfèrent s'asseoir.

Ce n'est pas la même expérience qu'un cabinet, et chacun peut préférer l'un ou l'autre. Si vous voulez d'abord comprendre ce que recouvre le mot, vous pouvez lire notre article sur la définition de la psychanalyse.

Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement s'allonger sur un divan en psychanalyse ?

Non. Le divan est un choix de méthode, pas une obligation. Beaucoup d'analyses se font en face à face, et certaines se font à distance. Ce qui compte, c'est que le cadre permette de parler librement.

Pourquoi le psychanalyste est-il assis derrière le divan ?

Pour que la personne n'ait pas à surveiller le visage de son interlocuteur ni à y chercher une approbation. Freud expliquait aussi qu'il ne supportait pas d'être regardé toute la journée et qu'il ne voulait pas que ses expressions orientent ce que disait le patient.

Peut-on faire une psychanalyse par téléphone, sans divan ?

Oui, des praticiens travaillent à distance, par téléphone ou en visio. Au téléphone, on ne se voit pas : l'effet que cherche le divan, parler sans regard à surveiller, est présent d'emblée. Chacun peut aussi s'allonger ou s'asseoir chez soi, comme il le souhaite.

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