Une consigne simple

En séance, on demande de dire ce qui vient à l'esprit, tel que cela vient : une pensée, une image, un souvenir, un détail qui semble sans importance. Y compris ce qui gêne, ce qui paraît absurde ou ce qui n'a, en apparence, aucun rapport avec le reste. C'est ce qu'on appelle l'association libre. Freud en a fait la règle fondamentale de la psychanalyse.

« Libre » veut dire qu'on ne choisit ni l'ordre, ni l'intérêt de ce qu'on dit. « Association » veut dire qu'une idée en appelle une autre, sans que l'on décide laquelle.

Pourquoi c'est difficile

Dans la vie courante, on trie en permanence. On veut être cohérent, ne pas paraître ridicule, ne pas ennuyer, ne pas blesser. Ce tri est automatique, et on ne le lève pas d'un coup par simple volonté.

Beaucoup de personnes se surprennent à se dire « ça n'a aucun rapport », « ce n'est pas intéressant » ou « je ne peux pas dire ça ». C'est normal. Ces moments où l'on s'arrête disent déjà quelque chose, et ils font partie du travail.

Ce que ce n'est pas

Ce n'est pas un examen : il n'y a ni bonne ni mauvaise association. Ce n'est pas non plus un exercice de performance, où il faudrait produire un flot de paroles. Si rien ne vient, on peut le dire... ou ne rien dire. Et ce n'est pas un interrogatoire : la consigne est de ne pas censurer ce qui vient, pas d'avoir réponse à tout.

Ce que fait celui qui écoute

L'écoute obéit à une logique parallèle. Freud parlait d'attention flottante : celui qui écoute ne décide pas à l'avance ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Il laisse la parole venir, sans se précipiter sur un sens.

À deux, cela crée un espace assez rare : l'un n'a pas à se rendre intéressant, l'autre n'a pas à conclure vite.

Ce que cela permet

Quand on parle sans trier, certaines choses reviennent : les mêmes mots, les mêmes scènes, la même façon de s'arrêter devant certains sujets. Ces répétitions sont difficiles à voir quand on se raconte de façon organisée. Les entendre est souvent le début de ce qui peut se déplacer.

C'est le pari de la psychanalyse, et c'est pourquoi elle ne promet pas de résultat rapide : elle commence par laisser parler ce qui tourne en rond. Si vous voulez d'abord comprendre ce que recouvre le mot, vous pouvez lire notre article sur la définition de la psychanalyse.

Et par téléphone ?

La consigne est la même, qu'on se voie ou non. Au téléphone, il n'y a pas de visage à observer, ni d'un côté ni de l'autre : certaines personnes disent y trouver plus facilement la liberté de parler sans trier, d'autres préfèrent un cabinet. Ce sont deux cadres différents, et chacun peut avoir sa préférence.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'association libre en psychanalyse ?

C'est la consigne de base d'une analyse : dire ce qui vient à l'esprit, tel que cela vient, sans chercher à trier, à être cohérent ou à être intéressant. Freud en a fait la règle fondamentale de la psychanalyse.

Faut-il tout dire en séance ?

La consigne est de ne pas censurer ce qui vient, mais ce n'est pas un interrogatoire. Il est normal d'hésiter ou de ne pas y arriver tout de suite : apprendre à parler sans trier prend du temps.

Que faire si rien ne vient ?

Le dire... ou ne rien dire. Un blanc, un silence ou un « je ne sais pas quoi dire » font partie de ce qui se dit, et s'écoutent comme le reste. On peut même passer une séance sans parler : il n'y a aucune injonction.

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